Je ne veux pas faire partie de ces moutons tous identiques, copiés-collés. Qui se mêlent. S'emmêlent. Ne font que se recopier, marcher en troupeaux et ne vont même pas tenter un saut devant une barrière. Ceux qui se vomissent les je t'aime, s'entretuent dans un regard. Et finiront aux oubliettes, à avoir trop été superficiels. Sincérité, confiance, je veux tout ce qui fait que l'on devient quelque chose. Pas quelqu'un d'important, non, juste quelqu'un. Contester les idées préconçues et oublier qu'il y a des choses auxquelles on doit se résoudre. Il faut parfois savoir fermer les yeux, oser rêver trop fort. Enterrer ses peines dans un coin, et inviter le bonheur devant nous. Qu'est-ce qu'on y perd ?
On s'plaint d'une terre qui tourne encore. On crie des mots qu'on ne comprend pas. On pleure des larmes sans consistance. On se plante délibérément des couteaux dans la peau, dans le coeur. On apprend à dire qu'on a mal, et on répète les mêmes mots tout au long de notre vie, un magnétophone qui tourne, tourne encore, tournera toujours. On se pose sur le plus beau cheval du manège, on l'aime et puis on le déteste, on change et puis on regrette. Mais on tourne, on tourne encore, on tournera toujours. Tourner en rond autour des bornes de la vie, à une vitesse folle, en avoir mal à la tête, mal au ventre, vomir tout ce qu'on peut, et oublier le reste. Oublier le passé, le présent, les amours, les emmerdes, la vie. Oublier le plus important. Faire semblant, au moins, parce que c'est pas si dur que ça. Parce que ça fait du bien d'être forte. Parce qu'on aime les apparences, fausses. Les trompes-l'oeil sentimentaux. On est de si bons peintres. On se dessine des larmes à la craie, des sourires à la pointe de nos éclats de rire, parfois. A chaque coin de rue, à chaque carrefour, on se baisse pour refaire les lacets de nos chaussures trop grandes et on prend ça comme une chute. Pas à pas, on croit avancer, mais on n'accepte pas la main grande ouverte de la vie. Alors finalement, on reste au même point, plantés devant un poteau ou l'escalator d'une gare qui continue seul son voyage. Anesthésiés, paralysés, amputés, ridicules, on n'ose plus rien. On écrase les cannettes et les mégots sur le bitume, on piétine les miettes de nos vies et on les laisse au pigeons-voyageurs. Ca n'a pas d'importance. La pluie, le vent les envolera. Les choses moches restent moches et les petits cons deviennent de vieux cons ;tant pis. On se concentre tellement sur nous-même qu'on en oublie d'être heureux, sincère, d'avoir ce sourire qui résout tout sur nos lèvres. On se remplit d'illusions et on se dit que c'est mieux comme ça, qu'on est les meilleurs de toutes façons et qu'on fera toujours les bons choix. On dévisage les couchers de soleil, les galets face à la mer, la lune, les étoiles, les arc en ciel, on s'invente des mondes en perpendiculaire qui n'ont jamais existés, et on les remplit de superficialité sans savoir que ça ne ressemble à rien de tout ça, la vie.
Mais on s'en fout, on fait quand même.On s'plaint, on pleure, on crie.
On ferait mieux de se taire. Et de regarder, un peu. De la regarder dans les yeux. Dans mes yeux très peu voient à travers, c'est normal c'est mon univers. . . Je suis celle qui vis sans illusions sur certains aspects de l'existence, qui voit la destruction de tout ce qui a un sens, qui voit nombreux proches prendre décisions partant d'idées pleines d'effervescence. J'observe sans juger, sans commenter et sans aider. J'observe en ayant l'oeil méprisant, parfois cruel ou bienveillant . Cela dépend des gens. Je ne puis supporter les idées éphémère de l'entourage qui vit dans un monde amer et peu clair. Dans mes yeux , on peut lire à un moment un instant d'une journée d'une année , un amour sincère étant basé sur une pensée éphémère . Dans mes yeux, on peut y voir le mot toujours rimé amour, on peut y deviner illusions et déceptions , on peut voir des sentiments qui sont miens.
J'ouvre les yeux chaque matin sur le même plafond. Et je me dis. Encore un jour, qui suit celui d'hier, qui précède celui de demain. Un jour où il faudra de nouveau prouver au monde que je suis là. Que nous sommes tous là. Que nous avons notre place ici, que nous sommes tous là pour faire quelque chose. Le but d'une vie, finalement, c'est de trouver pourquoi nous sommes là. Chaque jour en son temps. Et puis se recoucher. La fatigue d'avoir prouvé aux autres que nous sommes ce que nous sommes.
Demain, il faudra tout recommencer. . .
Mαis vous regretterez ce que vous η'αvez ραs osé faire.
Osez.
